Antonin, 20 ans : « Après avoir testé le marché, nous allons monter notre start-up » Ils testent depuis un an en micro-entrepreneur, avec son ami Paul, un service de livraison de petits déjeuners


Antonin, 20 ans, étudiant à Burgundy Business school, créé une entreprise de livraison de petits déjeuners. // © Etienne Gless

ILS CRÉENT LEUR ENTREPRISE. Étudiant en école de commerce, Antonin teste depuis un an en micro-entrepreneur, avec son ami Paul, un service de livraison de petits déjeuners. Après avoir rejoint l’incubateur de Burgundy School of Business, il veut créer une start-up pour lancer une plate-forme Web de livraison.

Épisode 1. Mars 2017. « Leur service a l’air tout simple, et pourtant, il créé du lien avec les habitants et il fait travailler des fournisseurs locaux, en l’occurrence des boulangeries artisanales », confie, admiratif, Olivier Toutain, chercheur en entrepreneuriat, qui suit le projet d’Antonin à l’incubateur intégré à son école. Antonin, 20 ans, termine la troisième année du programme Bachelor de Burgundy School of Business. Depuis janvier 2016, il consacre une partie de ces week-ends avec son ami de lycée, Paul, à livrer des petits déjeuners artisanaux issus de savoir-faire locaux à une clientèle de particuliers de la capitale de la Côte d’Or. Leur savoureux service a été bien habilement nommé, Le temps d’un croissant. 

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Utiliser Facebook et les médias locaux pour la pub

Antonin a sélectionné des boulangeries artisanales ouvertes le week-end, s’est assuré qu’elles ne vendaient pas de produits surgelés, et a négocié des rabais en fonction des quantités commandées. « Nous avons aussi retenu des boulangeries qui acceptaient d’enregistrer des commandes tard le soir pour livraison tôt le lendemain matin », explique l’entrepreneur en herbe. « Nous récupérons des commandes le vendredi et le samedi soir jusqu’à 20 h pour n’acheter que les quantités qu’on est sûrs de vendre. »

 

Pour faire connaître et promouvoir Le temps d’un croissant, Antonin et Paul ont d’abord misé sur la viralité de Facebook en créant une page dédiée. Ensuite, il a fallu imprimer des flyers et les distribuer dans les boîtes aux lettres. Enfin, l’étudiant en école de commerce a sollicité les médias locaux : le quotidien régional (« Le bien public »), un magazine communal (« Talant Mag' »), une radio (France Bleu Bourgogne)… « Ça nous a beaucoup aidés en février 2016 pour avoir nos premiers clients. »

Le statut de micro-entrepreneur pour tester le marché

« L’idée de monter un service de livraison m’est venue de mon beau-père boulanger. Une fois par an il reçoit une commande de petits déjeuners des Scouts de France. Pourquoi ne pas faire d’une demande occasionnelle une activité régulière ? » Dès sa première année d’études, son maître de stage de vente encourage Antonin à passer à l’acte : « Il nous a parlé du statut d’auto-entrepreneur [devenu micro-entrepreneur] qui permet de tester l’activité sans engager de grands frais ».

Début 2016, Antonin et Paul déposent chacun un dossier pour obtenir le statut de micro-entrepreneur. « Je suis allé à la chambre de commerce et d’industrie de Dijon. Nous avons rempli le dossier en une heure, et quinze jours plus tard nous étions immatriculés au registre du commerce. » Dans le même temps, l’apprenti entrepreneur remplit un dossier de demande d’ACCRE, une aide aux créateurs d’entreprise qui consiste en une exonération de charges sociales durant un an. « Cela permet de démarrer une activité sans avoir à verser tout de suite des cotisations sociales ; c’est très avantageux », commente Antonin.

Remplacer le stage par le projet de création de start-up

Au premier semestre 2016, l’activité démarre gentiment. Paul et Antonin engrangent alors 8 à 10 commandes chaque fin de semaine : « Ce n’était pas énorme mais ça nous a permis d’identifier le marché et de mesurer son potentiel de développement ». Fin mai 2016, se pose la question classique du stage obligatoire de fin d’année universitaire, de mai à juillet. Problème pour Antonin et Paul : « L’activité commençait à marcher. L’interrompre durant la période de stage risquait de nuire au projet d’entreprise. Le responsable de notre programme Bachelor nous a orientés alors vers l’incubateur de l’école et nous avons pu remplacer le stage par notre projet de création d’entreprise ».

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Passage en incubateur pour structurer sa pensée et son projet

Les deux étudiants intègrent l’incubateur de start-up de leur business school en mai 2016 pour un an : « Plus que les bureaux et une salle de travail, ce qui nous aide le plus ce sont les personnes qui nous accompagnent ». Car Antonin et Paul apprennent en marchant. Pas de business plan ou de business model au démarrage de leur activité ! Le passage en incubateur leur permet de formaliser leur projet de création d’entreprise : « On y apprend à structurer sa pensée, à établir une proposition de valeur… C’est beaucoup de travail sur soi, sur l’idée et sur l’entreprise. » Le stage de fin d’année se termine par une participation au concours Pépite, dédié aux étudiants entrepreneurs.

« Début juillet nous avons « pitché » devant un jury de professionnels : entrepreneurs, directeurs d’incubateurs… C’est un gros dossier à préparer : présenter le projet, l’équipe, montrer le caractère innovant du service, le business plan et la rentabilité… Mais l’oral est très court et dure cinq minutes. Les questions étaient assez pointues et certaines questions opérationnelles nous ont perturbé. Mais si nous n’avons pas été retenus pour la finale nationale, cette expérience nous a permis d’affiner notre projet », explique Antonin. Avec son ami Paul, ils ont réussi à engranger des commandes de petits déjeuners auprès de certains membres du jury ! Ils n’ont peut-être pas gagné le concours d’entrepreneuriat mais ils ont déjà la bosse du commerce !

Relancer l’activité et s’interroger sur la pérennité du projet

Après les vacances d’été, les deux compères ont dû relancer l’intérêt pour leur service auprès de la clientèle pour la saison 2016-2017. « En septembre, c’était difficile. Nous avons revu notre gamme en rajoutant des jus de fruits, des confitures… C’est un travail classique de marketing pour élargir la gamme, attirer de nouveaux clients, et augmenter le panier moyen d’achats. » Le duo a aussi réalisé un site Internet avec un design simple et épuré. Pour les livraisons, les deux amis utilisent désormais chacun leur propre véhicule, car Antonin a obtenu son permis de conduire.

En mars 2017, Antonin et Paul arrivent à la fin de leur troisième année de Bachelor et sont « sous pression » : « L’activité tourne à fond et nous arrivons à saturation avec 15 à 20 commandes chaque week-end ». Surtout les examens de fin d’année approchent et les deux amis se préparent également au concours pour intégrer le programme master de l’école de commerce en admissions parallèles. Le dilemme les a occupé tout l’hiver : continuer le service comme un simple job étudiant ou tenter l’aventure de la création de société pour en faire une vraie activité pérenne ? « Notre décision est prise : nous allons créer notre société d’ici deux à trois mois », assure Antonin. À suivre !

Ils créent leur entreprise

L’Etudiant suit de jeunes créateurs d’entreprise dans leur parcours du combattant. En parallèle d’Antonin, retrouvez mois après mois Emma qui veut lancer une marque de vêtements pour bébés, et Marine, artisan peintre, dans leur quête d’un business pérenne.

le lien de l’article : http://www.letudiant.fr/jobsstages/serie-ils-creent-leur-entreprise-antonin-20-ans-etudiant-en-ecole-de-commerce-a-dijon-createur-de-le-temps-d-un-croissant.html

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