Emma, 25 ans : « Je veux lancer ma marque de vêtements pour bébés »

L'Etudiant suit Emma dans les démarches qu'elle entreprend pour monter son entreprise. // © Catherine de Coppet

ELLES CRÉENT LEUR ENTREPRISE. Après plusieurs rendez-vous manqués avec le monde du travail, Emma, 25 ans, a décidé de lancer avec une amie une marque de vêtements pour bébés. Cette reine de la débrouille ne se voit plus désormais ailleurs qu’à la tête de sa propre affaire. Une démarche qu’elle a accepté de raconter à l’Etudiant.

Épisode 1. Février 2017. « Travailler pour quelqu’un, c’est difficile pour moi ! J’ai toujours voulu monter ma propre boîte, aujourd’hui il est temps de me lancer ! » Emma, 25 ans, piaffe d’impatience. Voilà quelques mois que cette jeune Parisienne, attachée à son XXe arrondissement natal, a amorcé des démarches pour créer une entreprise avec l’une de ses amies de collège, Anaïs. Et ça ne va pas assez vite à leur goût !

Leur idée ? Proposer des vêtements pour bébés, tendance et chics. « Il y a toujours du rose et du bleu pour les bébés, nous on veut des couleurs sombres et un esprit plus rock », sourit la jeune brune au débit rapide. L’univers de la mode et du vêtement a toujours attiré Emma, qui ne jure que par la marque à la mode The Kooples. Mais son parcours vers ce projet est loin d’avoir été linéaire…

Théâtre, vendanges et coloc londonienne

Emma a arrêté l’école à 16 ans, à la fin d’une seconde générale. « Je n’aimais pas du tout l’école, j’avais envie de découvrir autre chose », explique-t-elle. « Mon père aurait aimé que je poursuive, il ne s’en est toujours pas remis…! Et ma mère, elle, m’a dit : ‘Ok, mais tu t’assumes financièrement’. » Attirée par le monde du théâtre, son père étant à la tête d’une compagnie, Emma s’inscrit à un cours privé, qu’elle finance en faisant du baby-sitting intensif.

Peu motivée par le cours, elle décide de partir à l’étranger, et atterrit en Suisse, dans le Valais, pour plusieurs mois de préparation aux vendanges. « Je me suis retrouvée dans un village perdu, avec de vieux ouvriers agricoles qui ne parlaient pas français. Au bout d’un mois et demi je n’y tenais plus… », sourit cette citadine dans l’âme, qui finit la saison comme surveillante d’un parc pour enfants à Martigny… Avec l’argent gagné en Suisse, Emma poursuit ses rêves d’ailleurs et part à Londres, où elle vit en colocation et travaille comme baby-sitter. « Une super expérience, j’ai rencontré plein de gens ! »

Tenter le rêve américain

Se déroule alors une suite de péripéties : retour à Paris et formation à la couture de six mois grâce à la mission locale, stage dans une entreprise de prêt-à-porter à Paris, recherche d’un contrat en alternance pour intégrer l’école de la Chambre syndicale de la couture parisienne, en vain, nouveau séjour à Londres fait de petits boulots, retour à Paris et succession de CDD dans plusieurs boutiques parisiennes comme vendeuse… À 21 ans, Emma s’achète un billet pour New York ! « J’avais toujours voulu y habiter ! »

Avec 500 € en poche, elle se donne une semaine pour trouver un logement et un job… et elle y parvient ! Elle alterne alors petits boulots et périodes de voyages et de découvertes (Miami, Toronto…). « Au bout d’un moment, je me suis dit que si je continuais comme ça, j’allais me retrouver serveuse à 35 ans ! » De retour à Paris au bout d’un an et demi aux États-Unis, Emma trouve un CDD de remplacement de secrétaire comptable. « Ça m’a plu, et j’ai suivi une formation à Paris. Il fallait le niveau bac pour y entrer, mais j’ai insisté ! » Un titre certifié en comptabilité en poche, Emma est embauchée pour trois mois dans un cabinet d’experts comptables. « Je pensais que ça allait me plaire, mais l’équipe n’était pas facile humainement et j’en avais marre d’être derrière un bureau, je ne suis pas faite pour ça ! »

Se motiver à deux

Décidée depuis septembre dernier, après quelques semaines de pause, à se lancer dans l’aventure de l’entreprenariat, Emma a renoncé très vite à sa première idée. « Je voulais créer des djellabas, fabriquées en Algérie. Mais ici, ça n’aurait pas forcément marché vu le climat, et en Algérie, il y a peu de fabriques de textile… » Emma pense à construire son projet depuis Monaco, mais abandonne vite étant donné le coût de la vie sur place. Ses retrouvailles avec Anaïs, qu’elle avait perdu de vue depuis le collège, lui ont donné un nouvel élan qui a aboutit à cette idée de ligne de vêtements pour bébés. « Je n’étais vraiment pas bien toute seule, on s’est motivées ! »

Les deux jeunes femmes sont allées chercher de l’information au Salon de l’entrepreneur, ainsi qu’au CIDJ. « Je leur ai demandé comment on pouvait intégrer un incubateur, car je ne me vois pas travailler de chez mes parents. On m’a indiqué que pour cela il fallait faire un business plan, et qu’il existait un accompagnement, étalé sur trois mois. C’est beaucoup trop long ! » De fait, Emma et Anaïs, qui ont un petit capital pour démarrer, ont déjà commencé à prospecter du côté des possibilités de fabrication de leurs vêtements. « En France, c’est extrêmement cher, on va sans doute se tourner vers l’Europe de l’Est. »

Trouver l’information : un casse-tête !

Le problème actuel d’Emma et de son amie : choisir le statut de leur future entreprise. « On hésite entre SARL et micro-entreprise. À la chambre de commerce on nous conseille la seconde solution, plus simple, mais si on veut partager dès le départ les frais et le chiffre d’affaires, ça ne va pas ! », souligne Emma. « Le problème est d’arriver à trouver la bonne information qui va nous aider, on sait qu’il y a des aides pour les jeunes, mais c’est le casse-tête ! »

Les deux amies ont déjà trouvé le nom de leur future marque, ce sera « M. A. » : « Ça sonne comme mon prénom et ce sont les initiales d’Anaïs », explique Emma, qui avoue : « J’ai envie de tout faire à ma sauce, en commençant assez vite les prototypes et en nous immatriculant comme SARL. » Emma a malgré tout rendez-vous prochainement avec la mission locale du XXe. « Je n’avais pas eu une très bonne expérience avec eux lorsque j’avais voulu financer ma formation de comptable, mais j’ai repris contact, et on m’a donné rendez-vous un mois plus tard ! » Pour une boule d’énergie comme Emma, tout va décidément trop lentement !

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