Reprendre des études à tout âge

<em>Modifier Article</em> Reprendre des études à tout âge
Via@Dossier Familiale  par Antoine Masson | Le 28/12/2016 à 11h21La reprise d’études est un droit pour les salariés. – © sturti

La reprise d’études est un droit pour les salariés. Un droit pas toujours simple à mettre en pratique. Bien définir son projet et le mûrir, c’est mettre le plus de chances possible de son côté pour réussir.

Pour Denis Vasselin, formateur et auteur de Reprendre des études ou se former tout au long de sa vie (éditions du Puits fleuri, 2012), « il faut se fixer des objectifs précis en se demandant pourquoi on veut se former, quel résultat on souhaite atteindre et si c’est “rentable”. Se reconvertir, par exemple, est une vraie remise en cause. On perd son statut, ses compétences, ses revenus, parfois plus. Pour une formation longue, il faut aussi accepter une vie d’étudiant, donc avoir un espace à soi et du temps pour s’isoler, ce qui n’est pas toujours simple pour la famille ».

Fort de toutes ces réflexions, vous n’aurez plus qu’à choisir comment et où vous former, sans frais exagérés en profitant des aides et de financements.

Se former pendant son temps de travail

C’est de loin la situation la plus confortable : vous ne déboursez rien, vous conservez votre salaire et vous évitez les doubles journées (travail et cours du soir, par exemple).

La première option consiste à profiter des heures engrangées sur votre compte personnel de formation (CPF), qui vous donne le droit, avec l’accord de votre employeur le plus souvent, de suivre la formation de votre choix pendant votre temps de travail. La seconde option vous permet de bénéficier des enseignements inscrits dans le plan de formation de votre entreprise, si vos souhaits concordent avec les objectifs et les publics prioritaires qu’elle a déterminés pour l’année.

De plus en plus d’employeurs attendent de leurs salariés qu’ils soient acteurs de leur développement professionnel, par exemple, en faisant part de leur désir de formation au service des ressources humaines ou à leurs managers, lors des entretiens annuels. Ne ratez pas cette occasion et peaufinez vos arguments. Si, dans la plupart des cas, les stages accordés par les employeurs ne durent que quelques jours et sont centrés sur une compétence précise (maîtrise d’un logiciel, techniques de management, etc.), certains grands groupes, comme Veolia ou La Poste, offrent également la possibilité de suivre des parcours en alternance sur plusieurs mois, voire un ou deux ans, afin de reconvertir certains salariés ou de les préparer à prendre des responsabilités.

Prendre un congé

Certains projets – celui de changer de métier, par exemple – nécessitent de suivre une formation longue à plein temps (jusqu’à un an). Plutôt qu’un congé sabbatique non rémunéré, tournez-vous vers le congé individuel de formation (CIF, voir encadré ci-dessous). Ou, du moins, essayez d’en obtenir un… On compte chaque année entre 40 000 et 45 000 bénéficiaires pour 30 000 refus ou reports.

« Il faut notamment convaincre l’organisme financeur, comme un fonds de gestion des congés individuels de formation (Fongecif) ou un organisme paritaire collecteur agréé (OPCA) d’accorder un financement, qui va parfois jusqu’à 50 000 euros, explique Martine Lapeyrere, conseillère en formation continue du Greta Metehor de Paris. Cela exige de très bien vendre son projet de reconversion et ses chances de réussite. Outre sa motivation, il faut montrer qu’on est fixé sur le choix de son métier, qu’on sait ce qu’il recouvre – en ayant rencontré des professionnels, par exemple – et qu’il existe des débouchés. Et choisir un centre de formation qui a de bons taux de réussite. »

Apprendre le soir et au cours du week-end

Les formations à distance sont pour vous si vous savez (très) bien vous organiser : les plus reconnues sont celles du Centre national d’enseignement à distance (CNED). Son offre très large inclut des CAP, BTS, licences, masters, des formations qualifiantes et de nombreux modules à vocation professionnelle (comptabilité, informatique, langues, etc.).

L’avantage ? Vous êtes encadré par des enseignants. Ce qui n’est pas le cas pour le MOOC (Massive Open Online Course) : très à la mode, ces cours en ligne gratuits et ouverts à tous couvrent beaucoup de domaines (lettres, sciences, droit, économie, multimédia, informatique, etc.), parfois très pointus. Ils n’apportent aucun diplôme, mais délivrent des attestations de suivi ou des certificats remis en fin de formation, et certains peuvent être payants (de 50 à 150 euros environ).

Pour enrichir votre CV ou obtenir la reconnaissance de votre employeur, préférez les MOOCs dispensés par de grandes écoles et universités ou des organismes réputés. Vous trouverez une sélection intéressante sur fun-mooc.fr.

Autre solution, les cours du soir ou pendant le week-end du Conservatoire national des arts et métiers (CNAM), du réseau des groupements d’établissements (Greta), de l’Association pour la formation des adultes (AFPA), des universités, etc. Gratuits ou financés avec votre CPF ou avec le dispositif Formation hors temps de travail, ils peuvent répondre à des objectifs variés : décrocher un diplôme pour se reconvertir, approfondir un domaine ou développer une compétence. Mais ils sont très exigeants sur le plan personnel…

Faire reconnaître
 son expérience

De nombreux salariés formés sur le tas ne possèdent pas le diplôme qui correspond au poste qu’ils occupent. Ils sont compétents, et pourtant pas toujours reconnus à leur juste valeur. Avec la validation des acquis de l’expérience (VAE), ils peuvent décrocher un diplôme sans passer par la case formation : BTS, DUT, licence ou master universitaire, diplôme d’ingénieur, etc.

« C’est un moyen d’acquérir une légitimité pour négocier son salaire, une promotion, ou pour changer d’entreprise, explique Farida Taleb, conseillère en orientation professionnelle au CNAM, lequel propose plus de 300 certifications VAE différentes.

Avec la loi Travail, la VAE est désormais accessible après une année d’expérience en rapport direct avec le diplôme visé, au lieu de trois auparavant. Reste qu’il ne s’agit pas une simple formalité.

« La démarche est assez longue, notamment pour rédiger un mémoire très complet nécessitant deréfléchir sur ses compétences, son parcours, avant de passer devant un jury », prévient Farida Taleb.

D’où l’intérêt d’être conseillé, ce que proposent les organismes valideurs (universités, écoles, centres de formation) dans des modules d’accompagnement de quelques heures jusqu’à une trentaine d’heures. Ceux-ci peuvent être financés dans le cadre du CIF ou du CPF, tout comme les frais d’inscription et de validation à une VAE.

Pensez à votre CV

Pour que votre investissement personnel soit profitable, privilégiez les formations certifantes qui sont validées par :

  • un diplôme d’État (BTS, par exemple) ;
  • l’un des 300 titres professionnels enregistrés au RNCP (Répertoire national des certifications professionnelles, voir sur le site rncp.cncp.gouv.fr) ;
  • un certificat de qualification professionnelle (CQP) propre à une ou plusieurs branches d’activité, donc reconnu par les entreprises qui en font partie (voir orientation-pour-tous.fr).

Les bons leviers pour faire financer ses études

Le compte personnel de formation (CPF)

Ouvert aux salariés et aux non-salariés depuis la loi Travail, il permet d’acquérir 
des droits à la formation utilisables durant toute sa carrière, sans rien avoir à débourser. Si vous êtes à temps plein, vous obtenez le droit à 24 heures de formation par an, jusqu’à atteindre 120 heures, puis 12 heures par an, jusqu’à un maximum de 150 heures. Le CPF est utilisable en choisissant parmi une liste de formations qualifiantes propres à votre branche d’activité, une VAE ou une formation à la création d’entreprise.

Le congé individuel de formation (CIF)

Accessible dès deux ans d’activité salariée dont un an dans la même entreprise, il permet de financer une formation d’une année maximum à temps plein (ou 1 200 heures à temps partiel), tout en conservant de 80 % à 100 % de son salaire. L’employeur n’a pas le droit de refuser votre demande, mais peut reporter votre départ en formation. Pour en bénéficier, vous devez solliciter l’organisme financeur (Fongecif, OPCA) dont dépend votre entreprise. S’il ne finance pas 100 % des frais, le CIF peut être complété par votre CPF.

Le lien de L’article : http://www.dossierfamilial.com/emploi/formation/reprendre-des-etudes-tout-age-84470

News

Laisser un commentaire